C'est de George Clémenceau.
Toute ressemblance avec un débat sur le non-cumul des mandats n'est pas purement fortuite.
Cet été, deux événements dont la source se situe dans le Finistère sont venus remuer un peu le
cocotier politique français. Et ce n'est vraiment pas pour me déplaire.
Le premier, fin juillet, fut relaté par une dépêche AFP. Le PS finistérien opte pour le non-cumul des mandats et la parité intégrale. Suite à un processus de débat mené par le 1er fédéral, Marc
Coatanéa, et qui a duré plusieurs mois, une charte fédérale a été adoptée avec ces deux axes majeures.
Le second, début août, a fait l'objet de l'attention de tous les media. Jean-Jacques Urvoas, avec deux autres parlementaires, a publié l'usage qu'il fait de son IRFM (indemnité
représentative de frais de mandat). Jean-Jacques Urvoas est député de Quimper et ancien 1er fédéral.
Ces deux événements n'apportent pas d'éléments à la substance même du projet socialiste qu'il nous convient de construire et auquel nous devons maintenant nous atteler. Mais ils relèvent tous les
deux d'une volonté de ce parti, dans cette fédération, de répondre à des aspirations démocratiques légitimes de la part des électeurs.
Sur la forme, ils participent tous les deux d'une même méthode : faire concrètement ce que l'on prétend vouloir mettre en oeuvre depuis des années. Dans les deux cas, en mettant sur la table ce
qui n'était jamais dit qu'entre deux portes.
Merci Marc, merci Jean-Jacques.
On en parle de temps en temps pour se donner bonne conscience. La crise financière étant là, on en reparle encore plus. Les placements éthiques,
ou les placements durables ont le vent en poupe. Ils ne sont pas basés des produits financiers à court terme mais misent sur le côté écolo ou bien responsable des investissements faits.
C'est une bonne chose, et on ne peut que s'en féliciter. Et puis, ça fait un peu de pub pour pas chère aux banques qui se cherchent une virginité morale renouvelée. Pour ma part, ça fait des
années que j'ai un placement éthique adossé à mon compte en banque. Cela s'appelle le livret A. En plaçant mon argent sur ce livret, je contribue au financement des logements sociaux de mon
pays.
Quand je vois que certaines communes (Neuilly sur Seine par exemple) n'arrivent toujours pas à dépasser les 4 % des logements sociaux, je me dis que je fais oeuvre de responsabilité sociale
en contribuant à financer ses HLM.
Il y a quelques décennies, j'aurais pu faire entrer cette note dans la catégorie handicap, tant le fait d'être gaucher paraissait incongru. Les choses ont changé et on ne voit plus
aujourd'hui, en France en tout cas, de jeunes gauchers contraints d'apprendre l'usage exclusif de leur main droite.
Pour une fois, je vais révéler un détail intime, je suis gaucher. Pas un gaucher parfait, je l'avoue. Lorsque j'écris, je ne courbe pas mon bras de façon à ce que la main atteigne la ligne
d'écriture par le haut; j'écris avec la main gauche comme un droitier écrit avec sa main droite. Et pour autant, je ne fais pas baver ce que je viens d'écrire, mes longs doigts me permettant
de garder ma main à distance de l'encre encore humide. D'ailleurs, une question que je me suis toujours posée : "puisque les droitiers pensent tant qu'être gaucher fait baver l'écriture,
n'ont-ils jamais réfléchi au cas des pays arabes où l'on écrit de droite à gauche et où, malgré cela, la majorité des individus est constituée de droitiers?"
Cette façon d'écrire - je parle de la mienne - a un avantage certain. Elle permet de voir où l'on va quand je constate que mes amis droitiers voient ce qu'ils viennent d'écrire. C'est une
singulière différence de perception du monde écrit. Pour un gaucher, écrire signifie se tourner vers l'avenir, vers la ligne blanche, encore pure, pleine de promesses. Alors que ce n'est qu'une
suite de ce qui est déjà pour les droitiers.
Pour les latins, la gauche se dit "sinistra", qui a donné sinistre. Mauvais présage qui va perdurer des siècles! D'ailleurs le choix du 13 pour nous fêter est sujet à interrogations. Le 13 est
comme la gauche, il est porteur d'un certain nombre de fantasmes collectifs. L'année prochaine, en 2010, la journée mondiale des gauchers se tiendra un vendredi 13, ça promet.
Mais j'ai été frappé au fur et à mesure de mes études par l'augmentation de la proportion de gauchers dans mes camarades de classe. On me dit que nous sommes environ 15% dans la
population (ce qui fait de nous, la plus forte minorité visible du pays), mais je me rappelle m'être retrouvé parfois dans des TD en école d'ingénieur où plus de la moitié des étudiants étaient
des gauchers. Alors les gauchers seraient-ils mieux gréés que ces braves droitiers? Il y a de quoi en douter, soyons réalistes. En revanche, obligés de composer dans un monde qui n'est pas fait
pour eux, ils sont bien plus souvent obligés, et dès leur plus jeune âge, d'élaborer des scénarios substitutifs pour réaliser ce qu'ils ont entrepris. Et ils en acquièrent une capacité
d'adaptation assurément plus importante.
Quelques exemples :
- le stylo à la Poste avec la petit chaînette est toujours à droite et la chaîne trop courte
- la fente pour insérer la carte bancaire à l'automate ou pour insérer le ticket de métro est toujours à droite (bizarrement, je ne m'y suis toujours pas fait et c'est donc avec la main
gauche que je me contorsionne pour insérer les dits objets)
- la souris d'ordinateur est à droite (la plupart des gauchers font avec, et, en fait, c'est bien plus pratique car cela permet aux gauchers de prendre des notes à côté),
- les fameux ciseaux qui sont dessinés pour les droitiers. Quand je dis que je ne suis pas parfait, j'utilise les ciseaux dans la main droite.
- Les couverts : sur une table bien dressée, ils sont disposés de façon à prendre le couteau dans la main droite. Forcément, je les inverse. Ce qui me fait remarquer deux choses. La
première, c'est que pour le couteau à poisson, ce n'est vraiment pas pratique, je suis obligé de redevenir droitier le temps du dépiotage. La seconde, c'est que je constate que mes amis droitiers
coupent leur viande et intervertissent ensuite les couverts de façon à ce que la fourchette soit dans la main droite. Que de manipulations fastidieuses, preuve s'il en fallait que la plupart des
droitiers sont allergiques à leur main gauche!
Enfin, ce qui m'a le plus frappé, c'est le regard des autres. Cela a toujours été anodin, mais je me rappelle ces professeurs de physique ou chimie en TP, ou bien ces enseignants d'un jour
expliquant une manipulation, convaincus que je faisais les choses à l'envers, parce que je ne les faisais pas comme eux. Obligés de singer une société qui est leur miroir, les gauchers n'en sont
pas moins en décalage avec un monde normatif et formatant ses individus.
La preuve de la non-inclusion totale des gauchers? Il existe une journée des gauchers.
L'annonce de la hausse des tarifs d'EDF est toujours un
événement suscitant la réprobation de l'opposition et l'embarras de la majorité.
Je pourrais, en bon soldat socialiste que je suis, crier à hue et à dia (surtout à dia pour ma part) que le gouvernement s'en prend une fois de plus aux usagers du service public qui doivent
toujours payer plus. Je ne le ferai pas car la hausse de 1,9% annoncée n'est qu'un prémisce de hausses bien plus drastiques à venir.
La France s'est laissée bercer de l'illusion qu'elle pouvait vivre d'une électricité peu chère grâce au nucléaire. Pendant des années, nous avons peu payé pour une énergie
réputée peu chère. Cette faiblesse de prix ne nous a pas incité à investir sur des énergies renouvelables, a priori plus coûteuses.
La réalité à laquelle doit faire face aujourd'hui EDF, c'est le coût réel du nucélaire. Car dans le prix payé par les usagers, le démantèlement des centrales n'a pas été provisionné
correctement. Et pour cause, on ne sait pas le montant qu'il faut pour le faire. Comme un boomerang, le coût réel du nucléaire nous revient en pleine face.
En prenant en compte l'intégralité de la vie d'un réacteur, le nucléaire n'est dont pas beaucoup plus intéressant que l'éolien ou l'hydraulique, surtout maintenant qu'il faut restituer les sites
dans leur "bon état écologique"... Les hausses sont nécessaires, pour que l'usager paye l'électricité à son juste coût, et non à un coût marginal de production qui n'a pas de sens dans un monde
qui se veut durable.
Plutôt que de persifler contre les hausses, je me dis plutôt que nous devrions débattre de ce que nous allons faire des recettes supplémentaires.
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